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mardi 8 octobre 2024

Vite fait, bien fait #3 : Les femmes en dehors du couple

Bonjour, bonsoir, salutations 👋

Moins d'un an depuis le dernier article, un record je pense ! 😂

Pour l'occasion, je lance un nouveau type de libellés : les thèmes. Je trouve ça pratique de pouvoir retrouver tous les ouvrages d'un même genre, j'aime bien aussi l'idée de trouver tous ceux qui traitent d'un même sujet (mais différemment). Je ne pourrais pas tout mettre dans le cas des articles "Vite fait bien fait" car le nombre de libellés est limité, mais j'essaierai d'en mettre le plus possible. Il me faudra aussi un peu de temps pour rajouter les thèmes des articles précédents (je pense faire de même pour les TW, comme dans cet article). Vous retrouverez l'encadré correspondant aux thèmes sous celui consacré aux genres littéraires.

Et sans plus attendre, on passe au sujet du jour : les femmes célibataires dans la fiction littéraire. Ça fait très longtemps que je pense rédiger un article là dessus, les ouvrages dont je vais parler sont en pile, m'attendant sagement, depuis des semaines voir des mois (les pauvres) ! Le jour est enfin arrivé !

Pourquoi ce sujet, déjà ? Pour faire court, c'est dans une démarche de déconstruction de genre et de représentation. Les personnages féminins sont souvent mis en scène en étant ou finissant en couple (le plus souvent : exclusif avec un homme) à la fin de l'histoire. C'est un schéma récurrent, issu de notre culture qui nous berce depuis toujours avec ce genre de récits. Une femme qui est seule est souvent décrite comme malheureuse et elle trouve le bonheur dans la vie conjugale, comme si ce n'était pas possible d'être heureuse autrement. Iels furent heureux'euses et eurent beaucoup d'enfants...

Évidemment, cette vision stéréotypée ne vient pas de nulle part, ce n'est que le reflet de notre société sexiste, qui attend de la femme à ce qu'elle se mette en couple (dans l'idéal, pour faire des enfants et s'occuper de son mari). Dans la vie de tous les jours, les femmes (ou personnes perçues comme telles) qui n'aspirent pas à une vie de couple bien rangée, sont souvent mal vues et jugées ; on les accuse d'être instables/irresponsables/égoïstes (et je ne liste là que les accusations les plus polies), on les désigne comme responsables de l'effondrement de notre société, on les accable de prévisions funestes, leur disant que "attention, elles vont finir vieille fille avec pleins de chats" (alors que bon, vivre dans une maison remplie de chats, soyons sincères, est-ce que ce n'est pas la définition même du bonheur ? 🤔).

Une fois qu'on sait ça, on ne s'étonne pas du manque de (bonne) représentation et d'histoires qui déconstruiraient un peu tout ça et dans lesquelles elles pourraient se retrouver. Ça existe mais j'ai l'impression que ce n'est pas souvent mis en avant, que ça manque de variété de modèles et d'histoires, qu'il y a un déséquilibre entre les histoires où les femmes sont en couple et les histoires où elles font autre chose.

Donc voilà ma petite contribution : 5 lectures (livres et BD) qui mettent en scène un personnage féminin qui fait autre chose que de courir après l'amour, qui se retrouve piégée en voulant entrer dans le moule et/ou qui vit avec des chats (non mais vraiment, but ultime de la Vie, non ?).
Pour cette article, je vais me concentrer sur les femmes en dehors du couple en général mais je ferai sans doute un autre article sur les femmes en dehors du couple hétéro-normé.



 Couverture Tant pis pour l'amour : Ou comment j'ai survécu à un manipulateur 

Tant pis pour l'amour - Sophie Lambda

TW : emprise, manipulation, pervers narcissique, violence verbale, harcèlement

Quand Sophie rencontre Marcus, elle tombe amoureuse en 48h. Elle qui était si cynique en amour, cette fois, elle y croit. Sauf qu'il se révèle vite étrange. Sophie a alors besoin de comprendre ce qui ne va pas. Confronté à ses mensonges et ses incohérences, il a des réactions violentes, des excuses pour tout et arrive à se sortir de chaque impasse. Mais jusqu'à quand ? Sophie aime un manipulateur narcissique.

On commence l'histoire qui peut être un peu difficile à lire. Le personnage principal se retrouve victime d'un pervers narcissique. On suit alors toute l'histoire, de la rencontre à la séparation, en passant par les mensonges, la manipulation, les crises de colère, la destruction de son estime d'elle-même. La fin nous donne aussi des informations sur comment se défaire d'un pervers narcissique, comment se protéger du harcèlement de ce dernier et ses tentatives de "récupérer" sa victime si celle-ci tente de s'enfuir, comment se faire aider si on n'y arrive pas seule.
C'est une vraie boite à outils. C'est une BD que j'ai envie de mettre entre toutes les mains de personnes ayant été victimes elles aussi, et en même temps je sais d'expérience que la lecture peut être un peu dure. Personnellement, me retrouver autant dans l'histoire, me dire "mais merde, moi aussi j'ai vécu ça" a été un choc, même c'était une prise de conscience nécessaire.

Si je la mets dans la liste, c'est parce qu'elle vient déconstruire un des mythes autour des relations : qu'il faudrait tout accepter par amour. Cette Bd est un bon exemple du "Il vaut mieux être seul'e que mal accompagné'e". Il est OK d'avoir des moments difficiles et des disputes mais il est dangereux de fermer les yeux sur les "red flags" (littéralement "drapeaux rouges, cela désigne les indices qui montrent que la relation est toxique, problématique).
Je l'ai mis aussi parce qu'on voit le personnage se reconstruire et apprendre l'importance de s'aimer soi-même plutôt que de chercher quelqu'un pour le faire à notre place, trouver de l'affection et de l'amour auprès d'autres personnes comme ses ami'es, sa famille, ou de la sororité de la part des autres victimes de son ex. Je trouve important de mettre ces formes d'amour en avant, histoire que l'amour romantique descende un peu du pied d'estale où on a tendance de le mettre.

 

Konbini/La fille de la supérette - Sayaka Murata

TW : manipulation

Depuis l’enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. À trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n’a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s’inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d’œuvre, la supérette embauche un nouvel employé, Shiraha, trente-cinq ans, lui aussi célibataire. Mais lorsqu’il apparaît qu’il n’a postulé que pour traquer une jeune femme sur laquelle il a jeté son dévolu, il est aussitôt licencié. Ces deux êtres solitaires vont alors trouver un arrangement pour le moins saugrenu mais qui leur permettra d’éviter le jugement permanent de la société. Pour combien de temps…

J'ai lu une critique de ce livre disant qu'il était dommage que Keiko soit associale et sans empathie, que ça lui donnait une apparence de "psychopathe" et qu'il aurait été plus intéressant d'avoir une femme "normale" qui ne trouverait juste pas d'intérêt dans la vie de couple.
Je suis d'accord sur le fait que ce genre de représentation manque, mais personnellement, j'ai l'impression qu'il s'agit plutôt d'une personne neuroatypique (autiste peut-être ?) et asexuelle, qui ne comprend pas les codes, ne sait pas les appliquer et ne voit pas d'intérêt à le faire si ça ne fait pas sens pour elle. Or, il s'agit là de représentations qui manquent tout autant, si ce n'est plus. Il n'aurait pas été inintéressant de suivre une personne atteinte de psychopathie également.
De plus, le fait d'être neuroA témoigne d'un esprit qui réfléchit autrement, ce qui semble cohérent avec le fait de ne pas voir d'intérêt dans la vie à deux. Rien n'est dit clairement dans le roman, c'est un défaut que je lui trouve, mais ça reste à mes yeux une représentation réaliste.

Ce que je trouve intéressant, c'est que le personnage ne souffre absolument pas de ce qu'elle est, elle ne souffre pas d'être célibataire, être en couple ne l'intéresse pas. Dès le début, on la voit très heureuse à travailler dans son konbini, avec un rythme de vie qui lui convient, avec un but dans la vie. Cependant, elle sent bien qu'on attend des choses d'elle et elle se retrouve en difficulté face à la conformité et la pression qu'on lui met pour être "normale". C'est le fait de chercher une combine pour se soustraire à la pression sociale (surtout familiale) qui va la pousser dans une situation compliquée et potentiellement dangereuse. 


Couverture Mon chat, ma cuisine et moi 

Mon chat, ma cuisine, et moi - Han Hye Yeon

TW : nourriture

Jeanne est une jeune femme moderne qui vit seule avec ses trois chats. Elle vient d’être licenciée mais refuse de se laisser abattre. Jeanne affronte le quotidien à l’aide de ses chats et avec les douceurs qu’elle prépare tranquillement dans sa cuisine. À chaque événement, un dessert est associé. Un jour, elle s’inscrit à une formation pour devenir pâtissière. Un nouvel horizon s’ouvre devant la jeune femme… UN QUOTIDIEN CHAT-VOUREUX !

On a là une petite BD feel good, où chaque chapitre est l'occasion de présenter une recette. On suit Jeanne qui cherche à se reconvertir, et dont le quotidien est ponctué par les bêtises de ses chats ou des moments passés avec des ami'es et de la famille (encore une fois, c'est chouette de voir ces formes d'amour et qu'elles ne soient pas secondaires).

À un moment, elle croise son ex copain, mais c'est assez anecdotique vu qu'iels se sont quitté'es en bons termes et iels se revoient à l'occasion d'une réunion d'ancien'nes élèves. Elle est moins inquiète à l'idée de le revoir que par ce que le gens pourraient imaginer en fonction du gâteau qu'elle fera. Je trouve ça cool de voir une relation finie sans animosité. 

Bonus chat en fin de BD, avec des petites histoires sur comment l'autrice a recueilli les siens.


Couverture Elle et son chat (manga) 

Elle et son chat - Makoto Shinkai (scénario) et Tsubasa Yamaguchi (dessin)

TW : Sentiment dépressif, anxiété sociale

Chobi savoure sa vie de chat auprès de la maîtresse qui l'a recueilli, une jeune femme connaissant à la fois les avantages de l'indépendance et les affres de la solitude. Les yeux du félin assistent à ce quotidien qui s'écoule lentement, oscillant entre moments chaleureux et moments teintés d'amertume, entre jours de soleil et jours de pluie.

Ici, nous pourrions avoir deux ouvrages à commenter, puisqu'il s'agit du manga adapté du roman éponyme, mais je n'ai pas lu ce dernier, pour le moment. 

On suit le quotidien d'une jeune femme au travers des yeux de son chat. On y voit les bons comme les mauvais moments, surtout les mauvais à vrai dire. L'histoire me laisse le sentiment d'être face à une personne qui perd peu à peu pied, à cause de la pression de son travail et l'anxiété de voir le monde évoluer alors qu'elle a le sentiment de faire du surplace. On peut déceler des signes de dépression et/ou de burn-out.

C'est finalement son amour pour son chat et son sens des responsabilités vis à vis de lui qui lui permettront de remonter la pente et de demander de l'aide.

 

Couverture La gameuse et son chat, tome 1 

La gameuse et son chat - Wataru Nadatani

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l'être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l'occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

On termine cet article sur mon petit chouchou de la liste. En même temps, je suis un'e gameur'euse et jusqu'à récemment, j'avais un chat noir et blanc comme Omusubi (le chat de la jaquette), je ne suis pas certain'e d'être objectif've 😏 

J'ai un peu de mal à comprendre la phrase de quatrième de couverture disant "célibataire et fière de l'être", puisqu'à aucun moment il n'y a de réflexion sur son célibat (sauf de la part de quelques collègues, en arrière-plan). Elle est plus fière d'être gameuse qu'autre chose. Et dans son domaine, c'est une hard gameuse, une personne qui finit les jeux à 100%, qui achète les versions collector de ses jeux favoris et qui peut passer des heures à peaufiner sa technique.

Le manga a une atmosphère très cool, avec des personnages enthousiastes et débordant d'énergie. Le jeu vidéo est montré avec beaucoup de respect, je trouve, on est loin du stéréotype de gamer associal qui ne sort jamais de chez lui. Je ne me suis pas senti'e gêné'e par la représentation qui est donnée, au contraire, je me suis même plutôt bien identifié'e sur certains aspects, comme l'incompréhension par les personnes non initiées ou la frustration de refaire une partie parce qu'on a perdu une sauvegarde !

J'ignore si ce manga peut plaire à des personnes qui ne s'intéressent pas un minimum aux jeux vidéo, mais en tout cas, tous les termes en lien avec le sujet sont expliqués. J'ai tiqué sur certains, car beaucoup sont en anglais et j'ai l'habitude de les croiser en français (peut-être qu'au japon, on les utilise tous en anglais ?). Je me dis que le jeu vidéo sert de support comique (une personne experte dans un sujet, novice dans un autre, qui va user de ses connaissances dans le premier pour apprendre dans le second) mais peut-être que ça peut servir de porte d'entrée pour découvrir cet univers et ce qu'il peut apporter.

mardi 20 janvier 2015

Le Monde de Titus, tome 2 : Drulls et dralas - Koulou



Synopsis

Titus, ses amis et le reste de leur peuple se retrouvent sur un continent inconnu. Ce dernier, comme le sous-entend la fin du tome précédent, n'est pas désert. Nos héros font la connaissance de trois nouveaux peuples. Des relations pacifiques vont se créer, d'autres vont être plus mouvementées. En effet, une guerre éclate. En parallèle, Titus va devoir faire face à un ennemi particulier, un Borgoz, une ombre physique qui s'en prend à lui et qui semble avoir un lien avec sa capacité nouvelle à voir les drulls et dralas.


Que dire ?

Le Monde de Titus s'étoffe beaucoup. Des nouvelles rencontres, de nouveaux dangers. Le ton est un peu plus grave par moment également. Les Snogards prennent en maturité comme un enfant qui, une fois sorti de l'enfance, apprend à faire face aux difficultés de la vie.
En effet, le tome 1 montrait le peuple snogard comme un peuple peu avancé sur l'échelle technologique, un peu comme en préhistoire. Ils ne se nourrissaient que de viande ou presque, ne se déplaçaient qu'à pied, etc, tandis que le tome 2 est l'occasion de faire des découvertes et d'en profiter pour "apprendre un tas de trucs nouveaux" comme dit Cyrius.

La première rencontre qu'ils vont faire dans ce deuxième tome, les Héllénides, va apporter un souffle nouveau dans leur mode de vie avec l'agriculture, l'équitation, le culte des drulls et dralas. Elles vont également secouer leurs mœurs car leur société est matriarcale, ce sont les femmes qui dominent ! Les personnages masculins principaux vont se retrouver face à ce que Maya subit depuis sa naissance et vont donc comprendre un peu mieux ce que leur amie ressent. Ils vont alors, avec les lecteurs, prendre conscience de l'ampleur du phénomène.
Cependant, les Héllénides ne sont pas un peuple idéal pour autant car les hommes sont dominés et traités en inférieurs. La rencontre entre les Snogards et les Héllénides va sans doute permettre aux deux camps de rééquilibrer leurs relations homme-femme. Le tome 2 est donc la suite et un complément d'une réflexion qui avait déjà débuté dans le tome 1.

En dehors de ça, les Héllénides sont très proches des divinités. D'ailleurs, le titre du tome 2 donne le ton : « Drulls et dralas » indique qu'il va être plus penché sur le domaine spirituel. Les divinités ont alors une grande place dans ce tome, je les ai vues comme des représentants directs de la nature mais aussi de la vie en général. Il faut savoir lâcher prise, être ouvert à ce qui nous entoure pour pouvoir les voir mais aussi mieux profiter de la vie qui passe, des petites choses qui vont et viennent. Il ne faut pas se laisser guider par son esprit qui cherche toujours à rationaliser. Réfléchir trop semble faire perdre l'aspect magique de la vie. Les drulls et dralas sont des divinités qui existent bel et bien, il n'y a donc aucune trace de foi quelconque. Il faut juste réussir à taire son esprit pour les voir et pouvoir cohabiter avec elles.

Les autres peuples présents sur l'île sont moins pacifiques. Alors que le tome 1 présentait un "ennemi invisible" (une catastrophe naturelle), le tome 2 introduit des ennemis plus tangibles et aux conséquences plus graves. En effet, le tremblement de terre n'a pas fait de blessés mais la guerre n'est pas aussi clémente.

En somme, le tome 1, de part l'isolation du peuple snogard, tournait surtout autour des rapports de l'homme avec la nature, ce qu'elle peut donner mais surtout, ce qu'elle peut reprendre et qu'il ne faut pas considérer comme acquis.
Le tome 2 est une transition et une réflexion sur l'homme face à la différence chez l'autre. Le peuple snogard est un peuple immigré et l'histoire nous montre un peu les différents accueils qu'il peut recevoir, amical ou gréguerre. Il nous montre ce vers quoi l'intolérance peut mener : la violence, la guerre, la mort. A savoir que, pendant une guerre, même si l'on gagne, on perd malgré tout car il y a des blessés, des mots mais aussi des gens profondément marqués par l'horreur de ce qu'ils ont vécu.


En résumé...

Un nouveau coup de cœur. J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de Titus. J'ai bien aimé les dinosaures et les nouveaux décors qui viennent agrandir la faune et la flore.
Ce tome met en lumière le cheminement des personnages vers la libération de ce qu'il a de plus nocif dans une société : l'envie de domination, de vengeance, la colère, la guerre, le tout guidé par l'égo. On y voit alors clairement la philosophie de l'auteur, telle qu'il l'avait déjà entamée dans le premier tome. Les personnages évoluent avec les nouveaux peuples, en bien ou en mal, mais il y a toujours un enseignement à tirer. Le changement que les personnages voulaient dans le tome 1 est en marche.


Une citation

Titus (à un drull) : « Mais c'est pas logique, je...
Le drull : Pas logique ? Heureusement encore ! Tu crois vraiment que j'existerais si tout était logique ? » (tome 2, p. 37).


Pour aller plus loin 

mercredi 2 octobre 2013

Le Monde de Titus, tome 1 : L'île aux tortues - Koulou




Synopsis

Titus, Maya et Cyrius sont des jeunes comme les autres. Ils grandissent, font des choix pour leur avenir, aiment s'amuser et, parfois, défient l'autorité des plus anciens. Sauf qu'ils vivent sur une île et semblent appartenir à une époque antérieure à la nôtre.
Tout va bien sur l'île, jusqu'au jour où le Krakatoro, volcan de l'île, entre en éruption et forcent nos amis à quitter leur paradis terrestre. C'est alors que les certitudes se fissurent, la peur risque de créer des conflits. Avant que le pire n'arrive, il semblerait que la seule solution soit la fuite. Il faut construire un bateau pour quitter l'île.


Que dire ?

L'univers de Koulou me plait énormément par son mélange entre la simplicité de son trait et l'originalité de son univers. On y trouve une végétation et des animaux extraordinaires. Simplicité ne veut pas dire pauvreté, bien au contraire ! Les ambiances, les couleurs, les jeux d'ombre et lumières sont magnifiques et vivants.

Cependant, cette BD ne se contente pas d'être jolie à regarder. La vie sur l'île semble idyllique et bien enviable à la nôtre. Pas de pollution, pas de guerre (du moins, très peu, les guerriers n'étant là que pour la protection, pas pour l'attaque). Tout est rose et violette.
Du moins, en apparence. En effet, Maya, seule personnage féminin du trio principal, soulève un problème : en tant que femme, il lui est interdit d'intégrer la confrérie des guerriers-forgerons, alors qu'elle souhaite prendre les armes aux côtés de ses amis. Elle est obligée d'intégrer les prêtres-alchimistes, chose qui ne l'enchante guère car la religion, ce n'est pas sa tasse de thé.
Elle et ses amis tentent de changer ce qui est devenu une tradition, bien qu'aucun texte ne le mentionne de quelque manière que ce soit. En vain. Les anciens restent campés sur leurs idées et les jeunes n'ont pas l'autorisation de participer aux réunions du Conseil. Dur dur de faire évoluer une société qui nous déplait...

On se rend vite compte que la communauté imaginée par Koulou est en fait le reflet de la nôtre, avec les mêmes injustices, les mêmes travers. L'auteur soulève bien des questions, des sujets épineux. La religion et la foi, le sexisme, le rapport à la force, le végétarisme...sont autant de sujets traités en filigrane.

Le danger qui menace nos amis et leur communauté ne sont qu'une occasion supplémentaire de poser quelques réflexions sur l'égoïsme qui prend le dessus en cas de problème, le besoin inutile de rejeter la faute sur autrui pour se rassurer. Pour moi, cet incident est également une métaphore, un moyen d'illustrer une communauté obligée de changer si elle ne veut pas sombrer.

Tout le long de la BD, Koulou ne se contente pas se critiquer crûment, il discute et propose des solutions aux travers de dialogues entre les personnages. De plus, il décore les grandes scènes et dialogues de petites mises en scène comiques (genre deux petits dinosaures qui se chamaillent) comme pour rappeler qu'il ne faut pas oublier les petites choses amusantes de la vie, qu'il faut parfois faire une pause pour admirer ce qui nous entoure. Trop réfléchir, ce n'est pas bon pour le cerveau, ni pour l'égo.

Le porte-parole principal est Titus mais les autres ont chacun leur mot à dire. Titus discute des dieux, du rapport à la violence. Maya souligne le sexisme et la société continuant à perpétrer les mêmes erreurs, par peur du changement et du bouleversement. Cyrius est plutôt celui qui exprime la peur et les inquiétudes des hommes, comme le prouve ce dialogue :

Titus : « Tu sais, comme on y peut rien, ça ne sert à rien de s'inquiéter non ? Eh puis, si on pouvait quelque chose, pourquoi s'inquiéter puisqu'il existerait une solution ?
Cyrius : Euh...Ben oui mais à ce compte là, on ne s'inquiète jamais.
Titus : Et alors, tu y tiens tant que ça ? »

En dehors du trio, la dirigeante du village est celle qui souligne l'entraide et l'union comme source d'accomplissement et de réussite. Ne faisant ni partie des guerriers, ni des prêtres, elle semble être celle qui donne un équilibre à la communauté. Savoir mettre de côté ses idées (religieuses) pour ne se concentrer que sur ce qui importe vraiment.


En résumé...

C'est un coup de cœur, bien évidemment ! Le mélange aventure et philosophie passe très bien et ne se veut pas moralisateur, juste messager d'amour, de paix et de tolérance.
Je devais lire cette BD depuis longtemps car je ne connaissais l'univers de Koulou qu'à travers quelques extraits. J'ai pris un certain plaisir à lire cette BD et à réfléchir sur les pistes données par l'auteur. En gros, c'est KARAAAAAM ! ;)
J'apprécie la façon dont sont tournés les dialogues pour aborder certains sujets : ne pas prôner la violence à tout prix, se tourner un peu plus vers la nature, se questionner sur la religion. D'ailleurs, je me dis que celle de Koulou n'en est pas vraiment une, du moins, pas comme celles de notre société. Selon moi, la religion repose sur la foi en une chose qui ne peut pas être prouvée. Or les drulls existent bel et bien. Que dire de la confrérie des prêtres-alchimistes ? Comment cela va-t-il finir ? A suivre dans le tome 2 !


Une page 

Pour des extraits et croquis en tout genre, je vous conseille de rejoindre le groupe des « Amis du monde de Titus » ou de suivre le blog : http://www.lemondedekoulou.over-blog.com/

samedi 18 mai 2013

Celle que je suis - Vanyda


♫ Version audio de cet article ♫
 
Quatrième de couverture

Même si cette année, Valentine n'a aucune copine dans sa classe, elle sait où retrouver les bons amis dont elle partage les centres d'intérêt : au club manga, au hip-hop...Mais si, en plus, cette année, elle retrouvait d'anciennes connaissances ?


Que dire ?

Ce troisième tome prend un tournant intéressant. Bien des choses vont venir alimenter cette année scolaire : le retour de quelques personnages (dont Julie qui va permettre de recréer des liens entre Émilie et Valentine), de nouvelles activités mais aussi de nouveau problèmes. Yamina s'éloigne à cause de son petit ami, des réformes scolaires menacent le fonctionnement de l'établissement, etc...

Après une nuit passée avec un inconnu, Valentine semble être mue d'une force et d'une volonté de vivre nouvelles. La première scène nous la présente en train de réorganiser sa chambre, signe d'un profond changement dans l'état d'esprit de la jeune fille. Son look change encore car elle laisse toujours ses cheveux pousser, elle porte plus souvent des vêtements qui lui vont bien, sans superflu.
Et les choses ne vont pas s'arrêter là ! Valentine s'impose et râle. Elle qui ne s'est jamais ouvertement plaint de quoi que ce soit, la voilà qui exprime son mécontentement de se voir abandonnée par Yamina. La jeune fille au panda montre franchement son envie de prendre les décisions, de choisir plutôt que de subir. Elle finit par servir d'exemple à une camarade de classe, elle aussi en manque de confiance en elle.

Du point de vue sentimental, Valentine n'a pas de quoi s'ennuyer non plus. Entre Félix qui est de nouveau célibataire et un soupirant un peu collant, Valentine finit par trouver une relation fusionnelle auprès d'un ancien camarade de classe. Avec lui, elle va revenir sur ses années de collège et découvrir des qualités qu'elle ne pensait pas avoir. Elle trouve une oreille attentive, une personne qui l'aime pour ce qu'elle est et qui prend plaisir à la voir s'épanouir. Il y a certes quelques moments difficiles mais sans grave conséquence.
Le fait que Félix soit si vite évincé par le nouveau me conforte dans l'idée qu'il s'agissait plus d'une amourette mise en scène pour souligner l'évolution de Valentine qui finit par lâcher-prise le concernant.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, Émilie revient dans le groupe. Elle quitte peu à peu son rôle de grande fille qu'elle a endossé à son arrivée au lycée. Elle retourne aux sources, auprès de ses anciennes amies, pour y retrouver une amitié simple et sincère, loin des comédies superficielles des filles de sa classe.

Ce tome (et la trilogie) se finit sur une note légère, un futur prometteur. Valentine se débarrasse de ses derniers démons, de ses derniers souvenirs désagréables.


En résumé...

Ai-je besoin de dire que c'est, une fois encore, un coup de foudre ? J'espère que non, je n'aime pas me répéter ;) Je conseille cette BD à celles et ceux qui aiment les histoires simples, sincères et un style épuré. Le noir et blanc pourrait rebuter certains mais je trouve qu'ici, c'est très bien géré. 
Je sais que certains trouveront cette BD ennuyeuse car elle raconte un quotidien connu de beaucoup de gens. C'est une histoire façon "tranches de vie", je trouve. Mais c'est justement cette proximité avec la réalité qui m'a plu, surtout que je me vois parfois dans le personnage de Valentine. Celleux qui apprécieront cette BD seront sans doute celleux qui, comme moi, se reconnaitront.
Je fais une petite parenthèse sur les couvertures de la trilogie qui résument très bien l'ambiance générale. Tout d'abord allongée par terre sur le tome 1, Valentine semble démunie, un peu perdue, à l'écart de ses amies. Sur le tome 2, elle est assise sur un banc et tourne le dos aux autres personnages représentés. Elle a encore l'air perdue mais le passage de la position couchée à assise est déjà la preuve d'une évolution. Le tome 3 la montre debout, souriante et tenant la main d'un garçon dont on ne voit pas le visage.
Chaque couverture comporte des couleurs différentes : rose pour la première (aspect enfantin), violet pour la deuxième et couleurs plus vivantes pour le troisième. En somme, j'aime ces BDs aussi bien pour l'intérieur que l'extérieur :)


Une page


(Petite parenthèse)

Je souhaite faire une remarque sur la version couleur de la BD. Je trouve cette décision dommage. J'ai déjà pu avoir un aperçu du résultat et il est franchement bon. Ce n'est pas la couleur en soit que je trouve dommage, ce sont les conséquences.

Déjà parce que la trilogie est éclatée en six tomes, au lieu de trois. La trilogie coupe la vie de Valentine selon le rythme scolaire, ce que je trouvais être une bonne idée puisque nous la voyons le plus souvent au collège ou au lycée. C'est ce qui rythme sa vie, je trouvais normal que cela rythme la BD également. Cette division doit être sans doute une décision commerciale. La couleur rend les BDs plus chères, évidemment :/ (ex : le tome 1 en couleur est à peine moins cher que le tome 1 en noir et blanc, alors qu'il représente à peu près la moitié du contenu de ce dernier).

Ensuite, la BD a été renommée. Des trois titres détaillants les trois étapes de l'évolution du personnage, on se retrouve avec "Valentine, tome X". Mouais, je trouve que cela a moins d'intérêt, la BD est complètement recentrée sur Valentine. Certes, elle est le personnage principal mais je trouve que les titres de la trilogie s'appliquent à d'autres personnages (Gaëlle par exemple). Changer de titre efface ces personnages mais aussi cache l'essence de l'histoire (l'évolution d'une jeune fille en recherche d'identité, une fille qui apprend à se connaitre). Je me doute que c'est une volonté de séparer couleurs et noir/blanc. Je rappelle que je ne critique pas cette décision, juste les conséquences.

Enfin, je trouve que la couleur, aussi bonne soit-elle, fait perdre à la BD tout son charme premier. L'aspect noir et blanc est ce qui me plait le plus, je trouve qu'il se suffit à lui-même. Toute sa force réside dans sa capacité à rendre le récit vivant malgré la difficulté du manque de couleur. De plus, cela fait penser à un manga, une des passion des personnages.

Bref, je trouve ça dommage. Même si je ne manquerais pas de m'intéresser à la version couleur, je pense que j'aurais toujours une préférence pour le noir/blanc.


jeudi 9 mai 2013

Celle que je voudrais être - Vanyda



♫ Version audio de cet article ♫

Quatrième de couverture

Valentine est maintenant au lycée et son groupe de copines est dispersé dans différentes classes. Elles se font toutes de nouveaux amis, chacune de son côté. C'est peut-être l'occasion de faire de nouvelles rencontres, voire de se rapprocher de Félix...


Que dire ?

Deuxième tome de la trilogie. Nous y retrouvons Valentine, toujours un peu mal dans sa peau et passive mais avec une évolution.
Pour l'ambiance générale, on continue à voir les aller et venues des différents personnages, on les voit monter des projets mais aussi gérer des situations parfois dures, comme le racisme.

Le groupe d'amies va évoluer également, chacune ayant des envies et des passe-temps différents. Yamina va fonder un club de mangas et se faire de nouveau ami(e)s, Julie reste coincée au collège pour redoubler sa troisième, Émilie devient trop arrogante et préfère traîner avec quelques filles de sa classe. Valentine, de son côté, retrouve d'autres connaissances du collège, avec qui elle va créer des liens assez forts et une amitié plus épanouissante qu'avec le quatuor.

En effet, après des vacances ennuyeuses au possible, bien qu'apeurée de se retrouver sans ses amies dans sa classe, on va très vite voir les avantages de cet éloignement : Valentine va apprendre à s'imposer, à faire entendre sa voix, à voir la vie autrement...bref, à être elle-même.
Elle va se faire d'autres amies et commencer à être indépendante. Elle va mettre de côté les préjugés et habitudes du collège pour commencer une vie plus mature, où elle va aller vers les autres, préférer la compagnies de gens différents mais intéressants. On la voit sourire plus souvent, prendre les devants mais aussi ne plus se laisser faire pas les petites pestes qui lui faisait des misères au collège (et un coup de coude dans le nez, un !). Il arrive parfois où elle reste la jeune fille du collège mais cet aspect de sa personnalité disparaît peu à peu, jusqu'à la fin du tome où un événement va la faire basculer dans une vie où elle refuse d'être passive et de subir. Ce changement se remarque sur son physique. Valentine se laisse pousser les cheveux et perd l'aspect de vilain petit canard qu'elle avait avant.
Les sentiments de Valentin envers Félix restent les mêmes, du moins au début. La découverte d'une petite amie va venir changer la situation dans le bon sens. Bien qu'attristée de voir Félix avec une autre, cela va pousser Valentine à sortir de l'ombre, à se mettre en avant et à parler à l'élu de son cœur. C'est maladroit parfois mais un petit pas pour l'homme, un grand pas pour Valentine ! De plus, l'histoire avec Félix reste au second plan et n'est à mes yeux qu'un prétexte pour appuyer l'évolution du personnage de Valentine.

Le style de l'auteure passe mieux que la première BD, l'habitude peut-être. On retrouve les mêmes ambiances et la facilité à faire passer un message sans la moindre bulle de texte. On a plus souvent droit à des ambiances sombres, dans la pénombre. La BD gagne en maturité, elle aussi.


En résumé...

Une BD toujours aussi plaisante, à garder dans les coups de foudre ! J'ai pris un certain plaisir à voir Valentine avancer doucement sur le chemin de l'adolescence. C'est à la fois doux et terriblement vivant.

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jeudi 21 mars 2013

Celle que je ne suis pas - Vanyda

Ce blog ne devait contenir que des articles sur les romans mais après mûre réflexion, ayant autant de BD que de romans dans ma bibliothèque, j'ai décidé d'aborder les deux.

La BD que je vais aborder aujourd'hui est le premier tome d'une trilogie pour laquelle j'ai eu un coup de cœur il y a environ un an. J'ai attendu un moment avant de l'acheter, pour voir si j'en avais vraiment envie ou si c'était juste une passade. Ne trouvant jamais les trois tomes ensemble (et ne voulant pas acheter le pack qui coûter plus cher), j'ai toujours repoussé l'achat. Jusqu'à ce que mon chéri finisse par me les offrir <3
 



♫ Version audio ♫
 

Quatrième de couverture

Valentine a 14 ans et aime Félix en secret. Personne ne s'en doute. Normal, même dans son groupe de copines, Valentine a du mal à être elle-même.


Que dire ?

Le style de l'auteure est à la fois un point fort et un point faible. De mon point de vue, il est simple et manque parfois de détails au point qu'il m'est arrivé de confondre certains personnages car leur visage n'était pas assez différent.
Cependant, je trouve que cela passe quand même car le message de l'autrice reste universel : elle nous raconte la vie d'une adolescente un peu perdue, qui a du mal à s'imposer. Le genre d'histoire qui parle à beaucoup de gens car, qui ne s'est jamais senti mal dans sa peau ?
Le manque de couleurs donne un aperçu triste au début, ce qui souligne la mélancolie de l'héroïne. Malgré tout, l'autrice sait jouer avec les ombres et lumières pour rendre ses pages vivantes et faire passer des émotions. Il arrive que plusieurs pages soient sans texte, les images se suffisent à elles-même.

J'aime beaucoup le personnage de Valentine, une élève qui entre en troisième. Elle aime les pandas, les mangas et écoute un peu toute sorte de musique. C'est une jeune fille simple, ouverte et honnête., quoi qu'un peu timide. Ce premier tome la montre effacée et incapable de s'imposer malgré ses qualités.
Après plusieurs années de cours de gym, elle est très souple physiquement, ce qui fait écho à une certaine souplesse psychologique. Elle se laisse facilement mener par les autres, n'ose pas dire ce qu'elle pense et préfère se taire plutôt que de déclencher des disputes. Même si elle fait partie du groupe, elle est plus souvent spectatrice qu'actrice de ce qui s'y passe. Elle est relativement passive dans l'ensemble mais il lui arrive de donner de la voix quand le besoin se fait sentir. Dans l'ensemble, elle est plus posée et mature que la plupart de ses camarades.

Le groupe compte également Yamina, une fille d'origine arabe, et Julie, qui a un an de moins après avoir sauté une classe. Le tout donne un mélange culturel intéressant et des mentalités bien distinctes. Même si Émilie se la joue meneuse du groupe, elle donne l'impression d'être immature, de toujours se reposer sur les autres et de ne se porter responsable que quand ça l'arrange. Elle est également superficielle. Cependant, avec le temps, on se rend compte qu'un caractère aussi fort cache une certaine fragilité. Yamina et Valentine s'entendent bien (surtout quand il s'agit de parler mangas !) et semblent être celles qu'on écoute plus facilement lors de conflits . Quant à Julie, elle m'a fait l'effet d'une copie d'Émilie, ce qui finit par lui jouer des tours en mettant sa scolarité en péril.

Valentine aime Félix, un garçon de son âge. Avant de lire cette BD, j'avais peur que cela ne tourne à l'eau de rose et que toute l'histoire ne tourne qu'autour de cette romance. Très vite, mes peurs se sont envolées : Félix n'apparait que très peu, le plus souvent dans les rêveries (assez amusantes) de Valentine. Il reste en arrière-plan et on n'apprend pas grand chose de lui, ce qui sous-entend que Valentine ne le connait pas vraiment non plus. Même s'il est le genre de garçon sympathique, j'en suis venue à me demander ce qu'elle pouvait bien lui trouver. L'amour a ses raisons...

L'histoire générale, découpée en chapitres, ne se concentre pas uniquement sur la vie (sentimentale) de Valentine, qui semble plutôt calme, mais sur son groupe d'amies. En somme, on nous offre une série de petites histoires qui reflètent la vie des adoslencents de leur âge, entre les profs que l'on ne supporte pas, les garçons, les conflits avec les autres élèves, les questions sur l'avenir professionnel, les soirées entre amis, les parents qui ne nous comprennent pas, l'alcool, la cigarette, la drogue...


En résumé...

Un coup de foudre ! Je sais que certaines personnes ont trouvé cette BD ennuyeuse, à cause du manque d'action. Je trouve que c'est compensé avec un rythme continu de petites histoires, baignées dans de l'humour simple, une douce mélancolie et des thèmes qui n'ont pas cessé de me rappeler mes propres années de collège.


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