dimanche 8 juillet 2018

Lire sans rien débourser - Boites à lire/points de partage, échanges et 1er livre sauvage ("Et vogue la gondole", de Nicole de Buron)

[ATTENTION : cet article est ma première tentative d'écriture inclusive ; merci d'avance de signaler les erreurs et/ou oublis, s'il y a en a.]

Salutation à vous, petit·es aventurier·ères littéraires qui s'arrêtent sur cette île bloguesque. Dans cet article, je vais vous parler de boites à lire, d'échanges et de livres sauvages. Voici comment l'idée m'est venue :

Tout commença hier, quand je suis tombée sur cette vidéo Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=6wpenQRP4A8&t=130s. Elle a été réalisée par "Jeannot se livre", une vidéaste qui mérite d'être un peu plus connue car elle aborde pleins de sujets différents et intéressants autour du livre, la lecture, la vie des auteur·rices, etc. La vidéo parle des boites à lire et autres solutions pour pouvoir lire sans un sou en poche ("gratis", si tu préfères), surtout pendant l'été. J'avais déjà entendu parler des boites à lire mais sans m'y intéresser vraiment, ne sachant pas s'il y en avait près de chez moi. Cette vidéo m'a alors poussée à faire quelques recherches et j'en ai trouvées (voir à la fin de cet article).

Je connaissais déjà les échanges via Livraddict.com avec sa zone de troc (https://www.livraddict.com/biblio/trocs/) mais je n'ai jamais été fan d'envoyer un livre à un·e inconnu·e, je préfère l'échange de main à main. Je connaissais également des villes où des gens lâchaient des livres dans la nature (expression rigolote vu que ça se passe en ville, non ?). 

 
Le principe est simple : laisser un ou des livres dans un endroit public (parcs, sur un banc, sur un muret, etc). Quand on en trouve un, on peut le lire sur place et le remettre où on l'a trouvé, ou le reposer ailleurs, ou le prendre chez soi pour un temps indéfini.
Perso, j'appelle ça un "livre sauvage" ou "livre Pokemon", car un peu comme les Pokemon dans les hautes herbes, on ne sait jamais où et quand on va les croiser et on peut décider de les garder ou de les relâcher ; je crois que c'est ça qui me plait le plus dans cette idée : c'est un peu le Pokemon Go de la lecture (le Book Go ? faudrait penser à faire une appli pour ça...). Il y a aussi le fait que, trouver un livre dans un cadre autre qu'une bibliothèque/médiathèque/étagère, ça force à s'y intéresser, alors qu'en temps normal, on ne lui aurait sans doute pas accorder le moindre regard, perdu dans la masse. Pourquoi le·la précédent·e propriétaire l'a laissé ? Par désintérêt, pour faire de la place, parce qu'iel n'arrivait pas à le revendre d'occasion (j'ai moi-même laissé un livre récemment dans ma rue pour cette raison) ? Ou au contraire, par désir de faire découvrir un livre qu'iel a particulièrement aimé (j'ai pour ma part, beaucoup de mal avec l'idée de laisser un livre que j'adore ou alors, je ne le ferai que si j'ai deux exemplaires à ma disposition) ?
Enfin, cette expérience reflète une idée qui me séduit beaucoup : encourager le partage des livres (et de la connaissance), gratuitement.
Pour en revenir à mon histoire, je n'étais encore jamais tombée sur un livre sauvage. Le hasard a voulu que j'expérimente cela aujourd'hui même. Alors que je me baladais sur Béthune, mon regard a été attiré par un point jaune, au sol : 


Ouais. Un livre. Apparemment abandonné sur le perron d'une maison. J'ai regardé autour de moi. Personne. J'ai hésité à sortir ma Pokeball. Peut-être était-il à quelqu'un·e, qui l'avait posé là pour le reprendre plus tard ? Ou bien... était-ce un livre sauvage ? J'ai fini par le ramasser. Je me suis posée en centre-ville, près de la Poste où des bancs sont installés sous un toit de verdure. Idéal pour lire au frais. 

 
J'ai commencé ma lecture, encore étonnée d'être tombée sur ce livre, me promettant d'en faire un article sitôt rentrée et d'en profiter pour parler des boites à livres et autres joyeusetés du genre. D'ailleurs, détail amusant : j'ai aperçu quelques personnes jouant à Pokemon Go ^^

BREF. Profitons-en pour parler de cette découverte (dans tous les sens du terme).




Que dire ?


Le livre était assez court, je l'ai fini en à peu près deux heures. Et vogue la gondole, de Nicole de Buron, raconte le mariage de Pénélope et Guillaume, de la préparation au voyage de noces en Italie, avec ses hauts et ses bas, les possibles désillusions au sein du couple dans la vie intime, les défauts et qualités de l'autre qu'on découvre avec le temps, les petites disputes, les petits mensonges. Le roman m'a plu dans son ensemble car, malgré le fait qu'il date de 1957, j'y ai trouvé bon nombre de passages drôles et des réflexions sur les relations homme/femme : 


L'autrice dépeint également une histoire de couple simple, authentique (selon Wikipédia, ses romans sont des clins d'œil à sa propre vie), loin des scenarii idéalisés à outrance. Certains passages m'ont d'ailleurs rappelé Le journal de Briget Jones, à cause du caractère de Pénélope et de ses réflexions intérieures : 


J'ai carrément explosé de rire devant ce passage, qui m'a rappelé certaines scènes que les fans de Fullmetal Alchemist connaissent bien : 


 En résumé...

Sympathique ! J'ai eu de bonnes surprises, même si certains passages m'ont fait grincer des dents (certaines généralités du style "le mâle ne se lave pas", "la femme aime se faire les ongles pour passer le temps"). Les personnages principaux sont assez bien construits et leurs interactions sonnent plutôt justes (surtout parce que certaines scènes de couple me rappellent des souvenirs personnels ^^).

Pour information : une fois ma lecture finie, j'ai laissé le livre sur un des bancs : 


Et en rentrant chez moi, je suis passée devant une laverie où j'ai aperçu une boite remplie de livres (une boite à livres, uniquement pour les usagers, peut-être ? à vérifier !). Du coup, je pense que je vais me pencher un peu plus sur ces possibilités de lire sans débourser, pour en parler autour de moi et les proposer aux personnes n'ayant pas beaucoup de moyens ou cherchant à faire des découvertes hasardeuses en lecture. Et pourquoi pas, tenter de mettre en place une boite à lire dans des villes où il n'y en a pas encore ?

Edit : après la rédaction de cet article, je me suis rendue à une des boites à lire près de chez moi. J'y ai déposé deux livres, sans en prendre car aucun ne m'intéressait. 

Boite à lire se trouvant à Béthune (voir lien en bas de l'article)

Par contre, sur la route, je suis repassée devant la laverie et j'y ai jeté un œil : il y  avait un petit mot marqué "Servez-vous" dans la boite. Donc, j'ai pris un des livres et j'en ai laissé un en échange ^^

Laverie se trouvant rue d'aire, à Béthune


  Liens pour lire sans rien débourser (dans le 59 et le 62)
Prévenez-moi si vous avez des adresses, que je les ajoute et pensez à les ajouter aussi sur https://www.boite-a-lire.com/)
 

samedi 16 juin 2018

Vite fait, bien fait #2 : spécial littérature (de ma) jeunesse - partie 1


Salut à vous !

Il y a quelques années, je suis tombée sur une vidéo où l'on voyait une femme et sa fille faisant un tri parmi un grand nombre de livres pour enfants et adolescents (dans une librairie, je crois?), mettant de côté ceux où :
  • il n'y avait pas de filles ;
  • les filles ne parlaient pas / n'avaient pas de noms ;
  • une fille n'était pas le personnage principal ;
  • les filles n'avaient pas d'autre but que de trouver l'amour (orienté « hétérosexuel », le plus souvent) ;
  • etc (je ne me souviens pas de tout et je ne retrouve pas la vidéo).
À la fin de ce tri, il ne restait presque plus de livres sur l'étagère. J'ai été un peu étonnée de ce résultat, même si je me doutais que la littérature jeunesse, comme les jouets, ne proposait pas aux petites filles beaucoup de modèles sortant des stéréotypes de genre.
Comme je ne correspond pas vraiment aux stéréotypes en question, je me suis jurée de jeter un œil à mes lectures de jeunesse et d'adolescence, pour voir quels ont été les livres qui m'ont le plus marquée et si ces derniers comportaient des personnages féminins intéressants.

Parmi ceux que j'avais encore sous la main (ma mère en a vendu une bonne partie aux marchés aux puces), j'ai retrouvé un bon nombre de livres où le personnage principal était une fille, avec du caractère, des objectifs, des défauts, etc. Bref, des personnages qui, dans mes souvenirs, étaient bien construits. D'autres romans avaient des personnages féminins secondaires également marquants.
Je pense que j'ai eu la chance d'avoir une mère qui ne rentrait pas vraiment non plus dans les normes, qui m'a encouragée dans mes lectures et m'a toujours laissé le choix de ces dernières, dès que j'en ai été capable.

Je vais donc te présenter les livres en question, dans l'ordre où je les ai relus.

ATTENTION : il y aura du spoil dans ce qui va suivre !

Couverture Clair de loup

1 – Clair de loup, de Thierry Lenain
Paola passe tous ses étés avec ses parents, dans la maison de sa défunte grand-mère. Dans le village vit un couple, M et Mme Gaillard, qui accueille régulièrement des enfants orphelins. Un jour, Lou, un garçon pas comme les autres, arrive. Il est renfermé, agressif et pour cause : il a été élevé par une louve ! De plus, sa présence pousserait les loups à se rapprocher des villages, à être moins craintifs des humains et à s'attaquer aux troupeaux. Du moins, c'est ce que racontent les rumeurs...
Paola est une petite fille vive, curieuse et assez têtue. Elle dit ce qu'elle pense et fait même preuve d'un sang-froid incroyable quand elle se retrouve face à un loup. Elle fait également preuve d'une grande ingéniosité, comme lorsqu'elle propose d'utiliser des somnifères pour endormir un chien de garde.
À aucun moment, on ne donne de description de la petite fille et il n'y a que peu de remarques sur son apparence (juste une fois, un personnage s'étonne de voir à quel point elle a grandi). Les illustrations de mon édition nous proposent l'image d'une fille aux cheveux très longs, attachés de façon lâches avec des mèches folles, portant une salopette dont une des bretelles pend sur le bras. Personnellement, tout cela me fait penser à une petite fille qui aime bouger et s'amuser, se rouler dans l'herbe de la campagne.


Samarcande - Documentation

2 – Caribou et le renne aux yeux d'or, de Mérédith Ann Pierce
Caribou est une jeune fille qui vit seule depuis la mort de son père et le départ de son frère. Elle vit un peu à l'écart de son village, qui la voit comme une sorcière à cause de ses rêves prémonitoires.
Un jour, un bébé lui est confié. D'abord réticente, elle trouve ensuite du réconfort et de la compagnie auprès de l'enfant. Mais ce dernier n'est pas ordinaire : il n'est qu'à moitié humain et ses origines étranges vont le pousser à la quitter lors de son adolescence. La jeune fille est de nouveau seule. Sauf que, entre temps, le village a commencé à voir en elle une autorité à respecter et on lui rend régulièrement visite pour résoudre des problèmes de diverses natures : retrouver un objet, prendre une décision sur un mariage, etc. C'est alors qu'un drame surgit, les habitants se tournent vers Caribou, espérant une réponse. Notre amie va alors prendre la tête des opérations et diriger les siens vers des territoires encore inexplorés.
On voit le personnage de Caribou évoluer au fil des chapitres et du temps. D'abord petite fille réservée, on la voit prendre de l'assurance grâce à son pouvoir, l'éducation qu'elle apporte à l'enfant et la confiance que lui accorde le village. Sans but dans un premier temps, si ce n'est vivre et survivre dans un pays froid, la maternité va l'occuper quelques temps, puis ce sont ses responsabilités envers son village qui vont devenir essentielles dans sa vie. Malgré tout, elle reste une personnage sensible, avec ses peurs et ses doutes, qu'elle affronte tant bien que mal, ce qui en fait un personnage intéressant à suivre selon moi. On la voit tomber amoureuse mais elle refuse de suivre celui qu'elle aime pour respecter ses engagements envers les siens. Là encore son apparence n'a pas beaucoup d'importance, je ne me souviens pas de description faite et mon édition ne comporte pas d'illustration, si ce n'est la première de couverture.


Couverture Deux pour une

3 – Deux pour une, d'Erich Kästner
Louise, petite fille têtue et espiègle, passe de bonnes vacances dans un camp non-mixte. Un jour, un bus rempli de nouvelles arrive. Chouette ! De nouvelles rencontres à faire, de nouvelles amies, peut-être ? Oui sauf que... L'une d'elles, Lotte, est le portrait craché de Louise. À croire qu'elles sont jumelles...
Deux personnages principaux pour le prix d'une ^^ Les deux petites filles ont des caractères bien distincts : Louise est assez indisciplinée, forte tête, vive ; Lotte est douce, calme et c'est une fée du logis. Ce qui est intéressant, c'est que, à cause de certaines circonstances, le caractère de chacune va un peu déteindre sur l'autre. Et toutes deux vont devoir faire preuve de patience, d'ingéniosité pour garder un secret bien lourd à porter. 
Cette fois, l'apparence des personnages est importante mais c'est pour une bonne raison (le scénario) mais également la possibilité de différencier les deux personnages et d'illustrer leur personnalité respective : Louise a les cheveux détachés, Lotte a des nattes sages.


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(image tirée du site Amazon)

4 – Prune, de Luce Fillol
Prune vit une vie bien calme entre sa mère et son père. Elle est un peu en surpoids, est la cible de moqueries de la part du caïd de son école. Mais dans l'ensemble, elle se sent en sécurité, bien protégée dans son cocon familial.
Puis, un jour, tout bascule : ses parents ne s'entendent plus et son père s'en va. Le cocon se fissure et Prune doit faire face à des événements difficiles. Dans un premier temps, elle va se retrouver ballottée par ce qui l'entoure, subissant plus qu'autre chose. Puis, elle va tenter de se révolter, de prendre les devants et tenter d'arranger les choses au mieux, malgré son jeune âge et ses difficultés à s'imposer.
Elle se montre maladroite, mal dans sa peau, souvent en décalage avec les autres et passive. Elle a également des passages où on découvre son ressenti, un côté égoïste lié à son jeune âge et son sentiment d'être perdue face aux décisions des adultes. Ses tentatives de révolte seront souvent timides mais elle fait toujours de son mieux et a bon cœur, ce qui la pousse à aider les gens qui l'entourent, alors qu'elle-même a des soucis. 
L'apparence de Prune est un élément qui revient régulièrement : elle se coupe les cheveux pour attirer l'attention, on la voit maigrir un peu mais ce n'est ni le centre de l'histoire, ni ce qui va lui permettre d'être heureuse (une partie de la perte de poids se fait à la suite d'une convalescence).


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5 – Anna dans les coulisses, de Betsy Byars
Anna fait partie d'une famille de chanteurs et de musiciens, d'inspiration religieuse. Sauf qu'elle-même ne sait pas chanter juste, ni même jouer en rythme. On lui a donc confié la vente de disques et cassettes (oh la la, le coup de vieux!), à la fin des spectacles. Aussi, elle se sent constamment en décalage, rarement à sa place, toujours dans l'ombre de sa famille. Elle ne semble se démarquer en rien. On la voit surtout spectatrice de la vie de sa famille, que ce soit sur scène ou dans la vie de tous les jours. Elle a deux petits frères, qui se démarquent par leurs acrobaties, et une grande sœur dont la qualité principale est d'être jolie (c'est sans doute la raison pour laquelle leur mère la préfère).
Puis, un jour, un oncle, dont elle ignorait l'existence, sort de prison et demande de l'aide à la famille. Anna comprend très vite qu'il est un peu le mouton noir, malgré ses talents de musicien, à cause d'erreurs qu'il a commises par le passé. Elle va alors se sentir étrangement proche de cet oncle qu'elle n'a jamais vu, faisant de son mieux pour tenter de le comprendre et de l'intégrer à la famille.
Suite à un accident de voiture, l'oncle va gagner le pardon de tous et la jeune fille prendra conscience de sa propre valeur : sa générosité, son empathie. J'ai également l'impression que la mère d'Anna semble moins se préoccuper d'elle parce que la jeune fille est au final plus responsable que ses frères et plus forte que sa grande sœur. 
C'est dans ce roman, on n'a pas de description d'Anna très précise, juste un passage où on apprend qu'elle n'est ni grande, ni petite, ni blonde, ni brune...comme son oncle. Par ce passage, on sent qu'elle a une apparence banale, contrairement à sa grande sœur, et ça accentue aussi son côté "vilain petit canard".


Il y a une chose que j'ai remarquée, qui n'est par forcément en lien avec le sujet de l'article mais plus une spécificité des romans jeunesse : le plus souvent, les enfants sont en réaction au monde des adultes avec lequel ils ne sont pas en accord. Paola va défendre Lou face aux villageois, Caribou va devoir prendre des décisions pour les adultes de son village, Louise et Lotte vont se révolter contre le divorce de leurs parents, Prune est également perdue face à la séparation de ses parents et Anna est la seule à tenter de comprendre son oncle alors que son père le rejette violemment.
L'intérêt dans ce premier échantillon, c'est que nous avons plusieurs personnages qui vont réagir à leur manière : certains sont plus dans l'action, d'autres dans l'empathie, d'autres encore mélangent les deux. De plus, tous ces romans passent sans problème le test de Bechdel (https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Bechdel). Ce n'est pas un gage de qualité mais un bon point de départ si on s'intéresse à la présence des femmes dans les médias.

On a donc droit à divers modèles, tous étant aussi valides les uns que les autres, mais qui restent cependant plutôt gentils et dociles. Ce ne sont pas des petites filles qui vont s'énerver à tout va, qui vont mentir, être agressives, etc.
Aussi, dans le prochain « Vite fait, bien fait », je m'attarderai sur des personnages avec des caractères moins dociles, qui entreprennent des actions plus osées et moralement problématiques, qui vont bousculer l'ordre établi.

J'espère que ce premier article spécial jeunesse vous a plu. N'hésitez pas à dire dans les commentaires quels sont les livres (avec des filles cools) qui ont marqué votre parcours de lecteur ou lectrice quand vous étiez plus jeune. Et surtout, si vous avez lu les mêmes livres que moi, dites-moi ce que vous en gardez comme souvenir :)

dimanche 22 avril 2018

Everything everything - Nicola Yoon

Résumé 

Madeline est atteinte d'une maladie aussi rare que célèbre : la maladie de l'enfant-bulle. Pour faire court, elle est allergique au monde, à cause d'une déficience de son système immunitaire. Il lui est impossible de sortir de chez elle sans risquer une crise pouvant entraîner la mort. Elle s'en accommode très bien, entre sa mère, son infirmière, sa passion pour la lecture, ses cours d'architecture à domicile...jusqu'au jour où une nouvelle famille va emménager à côté de chez elle. Olly, le fils, va alors entrer dans sa vie tranquille et chambouler cette dernière.


Que dire ?

Ce livre m'a attirée avec sa première de couverture (oui, je suis le genre de personne qui achète des livres juste parce que la couverture est cool, c'est pas facile à vivre au quotidien).
La quatrième de couverture m'a également intriguée : une citation promettant quelque chose de lourd, à base de « puissant, charmant, déchirant ». Tout un programme !

Ce livre traite donc le sujet de la maladie et du handicap, de l'amour entre adolescents mais aussi des relations familiales difficiles.
La forme est plutôt sympathique : on trouve beaucoup de passages sous forme de chat sur le net, des pages web, des mails, des prises de notes sur des livres. Ça souligne bien ce qui est dit au début : Madeline existe sur le net à défaut d'exister en dehors de chez elle.

L'histoire d'amour en elle-même est assez classique : une jeune fille a une vie monotone (sans s'en rendre compte), rencontre un jeune homme apparemment inaccessible (ici, à cause de la maladie), en tombe amoureuse et voit sa vie changer du tout au tout (ça me rappelle un peu le synopsis de Twilight, sérieux...et c'est pas un compliment).
On trouve l'idée de sacrifice, le fait d'être prêt à tout pour la personne qu'on aime, même à sacrifier sa vie...mais dans ce roman, je trouve que cela ne fonctionne pas très bien. Dès le début du roman, on apprend que Madeline a une vie très organisée, rythmée par les contrôles médicaux et ses relations sociales se limitent à sa mère, son infirmière Carla et ses professeurs via Skype (sans doute aussi des échanges avec des gens via son blog de lecture mais ce n'est pas dit explicitement). Au fur et à mesure du roman, Madeline dit que sa vie n'a pas de valeur à ses yeux car elle ne vit pas vraiment à cause de sa maladie et la solitude provoquée par celle-ci. Du coup, quand on voit qu'elle est prête à sacrifier sa vie en prenant le risque de sortir pour être avec Olly, paradoxalement, ça m'a donné l'impression qu'elle ne sacrifiait rien (pour moi, le sacrifice signifie se séparer de quelque chose qui a de la valeur à nos yeux ; or sa vie avant Olly n'en a pas, ou n'en a plus).
Plusieurs éléments sont survolés mais pas assez développés, je trouve : la relation conflictuelle entre Carla et sa fille, les difficultés de la famille d'Olly, la présence de Madeline sur le net (on aurait pu en faire une Booktubeuse célèbre, non ?).
Le happy end m'a semblé un peu trop prévisible. Il y a un retournement de situation qui a été un peu plus difficile à repérer mais j'ai tout de même mis le doigt dessus plusieurs chapitres avant sa révélation. Et ce retournement de situation me dérange beaucoup, je vais en parler plus tard.

J'ai quand même eu quelques bonnes surprises.
Les deux personnages principaux sont présentés de façon manichéenne : Olly habillé en noir, Madeline en blanc ; lui est le mouvement, elle la stabilité, etc... Et quelques phrases dans le début du roman m'ont laissé croire que cela allait être une catastrophe entre eux, dans le sens « amour à sens unique » avec un jeune homme qui profiterait d'une jeune femme malade (fin, quand on me parle catastrophe, c'est à ce genre de choses que je pense). Mais c'est une histoire douce qui nous est proposé, plutôt touchante.
Nos deux protagonistes sont un peu développés : Madeline est loin d'être naïve, aime la lecture, a de l'humour et a quelques punch-lines sympathiques (comme le moment où elle dit à Olly qu'elle n'est pas une princesse et qu'elle n'a pas besoin d'être sauvée) même si elle se contredit parfois ; Olly est très bon en maths en plus d'être sportif, il a un côté sentimental assumé et cache une part sombre derrière son côté cool.
De plus, au début, j'ai trouvé agaçant que la jeune femme ait l'air de s'éveiller à la vie à travers l'amour. Puis, en relisant, j'ai plus eu l'impression qu'Olly a été le facteur déclencheur, la petite étincelle qui met le feu aux poudres : beaucoup d'éléments trahissent l'ennui de Madeline, son envie de sortir de chez elle (elle parle plusieurs fois du Dehors dont elle s'est désintéressée...ça veut bien dire qu'elle s'y intéressait avant et elle n'y a jamais vraiment renoncé, comme le prouve sa passion pour la lecture).

Par contre, il y a une chose qui m'a vraiment dérangée et c'est pourquoi je voulais le garder pour la fin : le traitement de la maladie.
Au début du roman, Madeline semble se faire à sa vie et s'en accommoder parfaitement. Sauf que, très vite, on constate que ce n'est pas le cas et sa maladie est désignée comme la seule coupable. En gros, elle est malheureuse car isolée, isolée car malade. Et ce point noir est accentué par la fin parce que...

[Attention au spoil]

...Madeline n'est en réalité pas malade, du moins elle n'a pas la maladie de l'enfant-bulle, juste un système immunitaire plus fragile que la moyenne. Avec quelques aménagements, elle peut mener une vie normale (d'ailleurs, elle s’accommode de ce changement trop facilement à mon goût ; ou alors, c'est parce que ce passage est accéléré à travers des chapitres très courts et sous forme d'ellipses répétées, je ne sais pas trop).

[Fin du spoil]

Et je trouve que le message qui passe est loin d'être cool : si on a une maladie chronique ou un handicap lié à une maladie, on ne peut pas être heureux ? On est forcément isolé, triste, enfermé dans une vie monotone, une demi-vie ?
De plus, plusieurs fois est mis en avant le fait que Madeline se sente coupable d'être malade, d'être un poids pour sa mère ; celle-ci ne semble pas avoir de vie en dehors de sa fille et ce n'est pas vraiment remis en question.
Néanmoins, j'ai beaucoup aimé le personnage de Carla qui, au travers des quelques dialogues qui lui sont consacrés, donne un point de vue un peu positif (ma phrase favorite du roman est d'elle, d'ailleurs). Elle souligne combien Madeline parvient à toujours trouver quelque chose de positif à faire, une raison de se lever tous les jours et d'être heureuse. Mais, ça reste trop peu par rapport au reste, je trouve ça dommage. 


En résumé...

Mouais bof. J'avoue avoir découvert la maladie de l'enfant-bulle à travers ce roman.
J'ai trouvé quelques éléments sympathiques mais toute l'histoire et ses enjeux tournent autour de la maladie. Donc tout s'effondre quand celle-ci disparaît. La fin du roman est la partie qui m'a le moins plu.
ATTENTION
Je ne dis pas qu'avoir une maladie grave, c'est la fête tous les jours, mais juste qu'être heureux est possible. D'ailleurs, je vous renvoie aux vidéos de Margot, de la chaine « Vivre avec », qui vous en parlera mieux que moi et qui m'a permise d'avoir un autre regard sur le handicap (et sur moi-même également) :
« Être malade et heureuse ? » : https://www.youtube.com/watch?v=HmQ9VvtaAWs
- « Pourquoi je ne suis pas courageuse » : https://www.youtube.com/watch?v=ibCWdWXW57s
- « C'est triste à votre âge » : https://www.youtube.com/watch?v=sFD5FlDVlGc
- Critique du film « Avant toi » : https://www.youtube.com/watch?v=uEAcLAMxPFk


Citations

« Ce n'est pas parce que tu ne peux pas « tout » expérimenter que tu ne dois rien expérimenter » (Carla, p. ?)

« Tu devrais voir ma collection de petites cuillères » (Olly, p.59).
Je me demande si cette phrase n'est pas une référence à la théorie des cuillères (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=EroPI4QMt-w). Si c'est le cas, je trouve le clin d'œil amusant ^^

samedi 24 mars 2018

Vite fait, bien fait #1 : développement personnel (Laurent Gounelle, Katarina Bivald, Jill Smolinski)

Vous connaissez sans doute ça, si vous tienez un blog de lecture.

Il m'arrive d'avoir des livres sur lesquels je n'ai pas grand chose à dire, une fois finis. Ou alors, j'attends trop longtemps pour en faire une chronique et donc, je n'ai plus assez de matière pour en faire une critique décente (et j'ai un peu la flegme de les relire).

Aussi, je vais réunir dans cet article plusieurs de mes dernières lectures (concept découvert via le blog de Minidou : https://return-the-pages.blogspot.fr/2013/10/notes-de-lectures-1.html).

Comme je me doute que cela risque de se reproduire, autant dire que je commence une nouvelle série que je nommerai sans doute « Vite fait, bien fait » (j'ai encore un doute sur ce titre, au moment où j'écris ces mots).

C'est parti pour cette première vague, qui a pour fil rouge le développement personnel (même si tous les livres ne sont pas présentés en tant que tel).

L'homme qui voulait être heureux – Laurent Gounelle
Premier roman de développement personnel que je lis.
J'avais décidé de lire un roman de développement personnel car je pensais que certaines notions, expliquées sous forme de roman (aux travers de l'expérience des personnages) seraient plus faciles à comprendre et à ressentir. Certains livres de développement personnel peuvent être indigestes et je pensais que la forme du roman serait intéressante car plus légère, plus agréable à lire.
Dans ce roman, malheureusement, je trouve qu'il y a beaucoup de passages où le vieux sage monologue en expliquant une notion et l'interlocuteur ne sert qu'à entrecouper les passages importants, comme pour nous laisser le temps de la réflexion. Ça m'a un peu fait penser aux dialogues de Platon. J'ai trouvé cette présentation un peu lourde à lire, manquant de naturel. Donc, j'ai eu un peu de mal à rester dans l'histoire et à y croire.
Tous les personnages sont un peu vides, ils manquent de background et leur caractère se limite souvent à un seul trait de caractère ou à leur rôle dans l'histoire : le vieux sage, la personne qui se sent perdue, la personne antipathique, etc...
Cependant, je trouve les idées mises en avant intéressante : l'auteur questionne nos croyances (dans le sens présenté dans « les quatre accords toltèques » de Don Miguel Ruiz), notre rapport à l'argent, le fait d'accepter de ne pas être aimé/validé par tous, la nécessité de faire un choix (même difficile), etc...
De plus, le cadre choisi pour l'histoire est agréable : l'auteur profite des pauses entre les dialogues pour nous décrire des paysages magnifiques ou pour nous décrire la philosophie d'un autre peuple.


Le jour où Anita envoya tout balader – Katarina Bivald
Un nouveau roman de chick-lit. Celui-ci a eu plus de succès avec moi que « L'homme idéal existe. Il est québecois ». C'était même une lecture assez agréable.
On suit Anita, une femme qui se rend compte que sa vie a longtemps tourné exclusivement autour de sa fille. Or, celle-ci quitte le nid familial pour ses études, laissant la maman avec beaucoup de temps libre sans savoir quoi en faire ! Elle décide alors de reprendre ses rêves d'adolescente et de les réaliser.
On voit donc la jeune femme prendre des cours de moto, s'engager dans la préparation d'un événement pour sa ville... Bref, rien de bien fou-fou comme le suggère le titre. D'ailleurs, à cause de ce dernier, j'ai pensé que le livre était un peu long à se mettre en place car j'attendais le moment où Anita enverrait vraiment tout balader, pour partir en voyage à moto (ou un truc du genre). Une fois que je me suis rendue compte de mon erreur, j'ai été touchée de suivre cette femme faisant des efforts pour changer de vie, trouver un but, sortir de sa zone de confort peu à peu, prendre confiance en elle, se remettre en question, avoir des doutes, relier avec sa mère malade. Raison pour laquelle j'ai pensé à un roman de développement personnel, bien que je ne sois pas certaine qu'il ait été écrit dans ce but.
J'ai trouvé le personnage principal plus intéressant et attachant. Mieux développé, avec un vrai background (et pas juste la liste des hommes avec qui elle a été en couple). Idem pour les autres personnages, l'autrice prend bien le temps de les présenter avec leurs spécificités. J'ai bien aimé le cadre de la ville où tout le monde a l'air de se connaître, plutôt qu'une grande ville manquant de chaleur humaine.


Le prochain truc sur ma liste – Jill Smolinski
June a eu un accident en voiture avec Marina. Cette dernière n'a pas survécu, June se sent donc responsable car elle conduisait. Elle est tombée sur une liste de choses que Marina souhaitait faire avant ses 25 ans. Pour surmontant son sentiment de honte et de culpabilité, June décide de réaliser cette liste elle-même.
Je suis un peu mitigée par cette lecture. On retouve l'idée de sortir de sa zone de confort en réalisant une liste d'objectifs mais le cadre de l'histoire est un peu morbide.
Cependant, d'autres sujets sont abordés, comme le rapport avec les enfants, l'adoption, le deuil, le lâcher-prise, le fait de prendre des risques, etc. Autant de sujets qui me font penser que ce roman pourrait être un livre de développement personnel.


Petite note : je rapproche ces deux derniers romans car je trouve qu'ils ont plusieurs points communs dont un qui m'agace beaucoup : l'histoire se termine au moment où la jeune femme trouve l'amour.
Dans le livre de Laurent Gounelle, où le personnage principal est un homme, la vie de couple est abordée mais n'est pas présentée comme le « happy end ». Tandis qu'avec les deux femmes, cela semble être une condition nécessaire au bonheur. Dommage.

Je vais m'arrêter là pour cette fois. Je pense ne pas dépasser la taille d'une chronique habituelle pour que ce ne soit pas trop indigeste ;)

Bonne lecture et à bientôt !

dimanche 11 février 2018

L'homme idéal existe. Il est québecois - Diane Ducret

Je me suis rendue compte d'un détail : le manque de chroniques dans ce blog n'est pas uniquement dû à un manque de lecture. Cela vient aussi de mon incapacité à chroniquer des livres que je n'ai pas appréciés. La preuve avec un coup d'œil au menu « En bref » : les notes vont de « coup de cœur » à « sympathique » (pour le moment, comme vous vous en doutez un peu...).
La raison est simple : un livre que je n'ai pas apprécié, je le mets de côté et je me jette sur autre chose pour l'oublier.

Du coup, pour cette reprise, je vais faire l'effort de parler d'ouvrages que je n'ai pas aimés (voire que j'ai détestés).
Et on commence avec « L'homme idéal existe. Il est québécois » de Diane Ducret.



Quatrième de couverture
 
« Bonne nouvelle : l'homme idéal existe !
Il ne parle pas : il jase.
Il n'embrasse pas : il frenche.
Il ne se déshabille pas : il se criss à poèlle.
Vous l'aurez deviné : il est québécois. »


Que dire ? 
La première et quatrième de couverture m'ont poussée à m'intéresser à ce livre, trouvé par hasard dans un grand magasin, sur un petit présentoir en tête de gondole. Le ton était donné : ce livre se voulait humoristique et l'idée me plaisait bien. Je ne suis pas particulièrement fan des romances, sauf quand elles se veulent drôles ou quand elles ne sont pas truffées de clichés romantiques dégoulinants de guimauve.

Le personnage principal, une jeune femme (dont on ne connait pas le nom...ou alors je n'ai pas fait attention) va rencontrer un québecois dans une galerie d'arts sur Paris. C'est le coup de foudre, son prince charmant l'invite à le suivre jusqu'au Québec pour y passer une semaine. Notre chère amie va donc se retrouver plongée en pleine culture québécoise et va devoir s'adapter au mode de vie et de pensées bien différents de ceux de sa capitale chérie.
Donc, niveau humour, on en trouve, le plus souvent basé sur des quiproquos linguistiques allant jusqu'aux dialogues frisant l'absurde ou dans des situations cocasses où notre citadine est confrontée à la vie à la dure dans la neige et le froid. Même si je trouve que ce genre de situations arrive trop souvent et qu'au fur et à mesure, c'est la surenchère, c'est les moments que j'ai préféré et je me suis bien amusée à découvrir différentes expressions ou d'en retrouver certaines que je connaissais déjà.
J'ai également bien aimé le style un peu désinvolte et l'auto-dérision par moments, les métaphores et hyperboles utilisées pour décrire certaines situations. Après quelques recherches, j'ai découvert que c'était typique du genre « chick-lit », ce côté décalé entre les situations sérieuses ou toutes bêtes et la représentation que s'en fait l'héroïne.

Pour le reste, j'ai été plutôt déçue : on suit le récit à la première personne, aux travers des pensées de notre parisienne qui se sent constamment perdue, que ce soit dans ce nouveau pays ou dans les relations amoureuses. Ce personnage m'a d'ailleurs fait un peu penser au « Journal de Bridget Jones » de Helen Fielding (roman fondateur du genre « chick-lit », apparemment), pour son côté maladroit un peu paumée et ses pensées qui partent au quart de tour. Mais là, je trouve que les pensées en question vont très vite, trop vite ; je me suis moi-même sentie perdue dans tout ce flot de réflexions, les phrases courtes se succèdent et j'ai fini avec l'impression que notre chère amie se complique bien trop la vie. Ok, on a tous et toutes des doutes, des petits moments gênants dans une nouvelle relation quand ça touche les aspects les moins glamour de la vie quotidienne (le premier pet, les toilettes, les cheveux gras, l'haleine du matin, etc) mais là, c'est à croire qu'elle ne réfléchit qu'à ça, cherchant la petite bête, le petit défaut chez l'autre (ou chez elle) qui pourrait tout faire capoter entre eux.
D'un autre côté, j'ai trouvé que ce monologue intérieur recouvre tout ; même les moments émotions entre les deux amoureux sont presque noyés, comme passés sous silence, peut-être à raison : une façon de dire que notre personnage, à force de trop penser et d'avoir peur, ne profite pas assez des moments présent ? Sans doute. À méditer, donc.

J'ai trouvé le personnage principal plutôt cliché. Je me doute que c'est pour s'en moquer mais c'est trop, là encore : elle est régulièrement préoccupée par son apparence et l'image qu'elle renvoie, elle catégorise les hommes façon « Adopte un mec.com », elle a des certitudes sur les comportements homme/femme qui m'ont franchement énervée (ex : un homme qui fait un compliment sur du vernis ? Il est gay !). Bref, je ne me suis pas du tout identifiée à ce personnage ; les situations dans lesquelles elle se retrouve n'ont pas du tout fait écho chez moi.
Idem pour les autres protagonistes, que j'ai trouvé superficiels et creux pour la plupart. On ne nous donne que peu de détails sur le caractère ou le passé de chacun, on n'a pas de description physique et certains ne se résument qu'à leur « fonction » dans le roman. Genre : le « meilleur ami gay qui donne des conseils sur les relations amoureuses », sérieusement ?

Et surtout, il y a beaucoup de choses dans le récit que je n'ai pas trouvées crédibles : la rencontre entre nos deux amoureux est un peu tiède, notre parisienne accepte de partir à l'étranger...avec un parfait étranger alors qu'elle doute de tout sur les hommes en général (on s'en rend compte par la suite aux travers de ses questionnements), les quiproquos sur les expressions québécoises ont un côté forcé au bout d'un moment, ça tourne même parfois à la dispute sans que je comprenne pourquoi !

Heureusement, le roman n'est pas très long et le ton est plutôt agréable (j'ai toujours aimé le côté désinvolte) et on arrive vite à une conclusion avec une prise de conscience qui m'a un peu surprise. Je te renvoie à la partie « citations » pour le passage que j'ai préféré, qui résume assez bien ma vision du couple et qui résume bien ce roman (et d'autres du même genre), à savoir, comme dit plus haut, « Madame se complique trop la vie » .
La prise de conscience m'a paru étrange car, après tout, elle a passé son temps à analyser ce que faisait son québécois d'un bout à l'autre du roman et d'un coup, elle est capable de stopper son flot de pensées, de prendre du recul et de nous sortir un passage entier qui pourrait être tiré d'un livre de développement personnel. Ça ne colle pas au personnage, à cette façon de penser à laquelle je me suis habituée. Aussi, je me demande si ce n'est pas plutôt l'autrice qui s'adresse directement à nous dans ce passage, qui nous livre le message qu'elle voulait nous transmettre à travers ce roman. Je trouve donc ce passage un peu forcé, quoi qu'intéressant.
Ce que je trouve dommage, par contre, c'est la fin du roman. Je ne l'ai pas trouvée très claire, je ne suis pas certaine de comprendre comment ça se termine. Cette fin m'a laissé un sentiment d'inachevé.

En résumé... 
Mouais bof.
Sans pour autant avoir l'impression d'avoir perdu mon temps, je ne suis pas fan de ce roman. Même s'il s'agit d'un récit humoristique, je trouve qu'il manque de réalisme et que certaines situations sont tirées par les cheveux. Je n'ai accroché ni aux personnages, ni au récit. Je me dis que cela vient peut-être du genre « chick-lit » car j'ai lu d'autres romans du même genre et j'y retrouve plus ou moins les mêmes éléments qui me gênent.
Cependant, l'humour de certains passages et le ton m'ont donné envie de rester et d'aller jusqu'au bout. J'ai donc pu profiter de la fin, certes étrange et inachevée selon moi, mais tout de même intéressante.


Une citation
 
« A trop vouloir créer de la magie et de l’exceptionnel, on perd de vue le quotidien que l’autre peut nous offrir. Les véritables histoires ne naissent pas des meilleurs moments mais des pires. Elles ne se révèlent pas dans les semaines ensoleillées au bord de la mer, mais quand il neige et que le chauffage est en panne. Vivre une vraie histoire d’amour c’est éclater de rire quand tout va de travers et déborde, se rouler dans la neige quand on ne supporte pas le froid, moucher un gamin dans sa manche quand on a peur soi-même d’avoir un gosse, tendre sa main pour rattraper l’autre s’il tombe alors que l’on cherche soi-même son équilibre.

Il n’y a pas de moment parfait où tout se met en place comme par enchantement, il n’y a pas de double qui, séparé de nous à la naissance, épousera parfaitement chacune de nos aspérités. Quel est l’homme parfait pour moi ? Juste celui qui me donne envie de sourire intérieurement même quand il me demande comment faire cuire un œuf. Ne plus avoir d’idéal préçonçu, ne pas demander à l’autre de me dessiner un avenir quand je ne sais pas moi-même ce que je vais y mettre, ni d’effacer mon passé, mais juste laisser un présent s’esquisser. » (Éditions Albin Michel, p.155-156)

samedi 3 février 2018

Tag "Do you speak manga" (Bonne année !)



Comme je suis écolo, recyclons un extrait de mon article publié début 2017 : 

"Bref, tout ça pour dire que ce blog est inactif depuis presque un an (bilan), que c'est le moment pour le reprendre (bonne résolution)" (Tsuki, 2017).

L'année 2018 est là (meilleurs vœux, au passage) et je ne peux m'empêcher de rire quand je me relis.

Plus le temps passe et plus je me rends compte des difficultés que j'ai à rédiger une chronique sur mes lectures. Je lis beaucoup moins qu'aux débuts de ce blog (et je lisais bien d'avantage avant même de commencer à chroniquer !). À cela s'ajoutent le boulot et les autres activités (associatives, pour certaines) qui me prennent du temps.

Mais je ne me voile pas la face. Le vrai problème est que ces derniers temps (comprendre "ces dernières années"), la lecture est passée en arrière-plan. J'ai lu énormément depuis mon entrée au collège (j'ai 28 ans au moment où je rédige ces mots) et je pense que je suis passée par une période de saturation. J'ai eu aussi, et surtout, une impression de ne plus être transportée d'émotions comme je l'étais avant. J'ai rarement eu des coups de cœurs comme lorsque j'étais plus jeune, un manque de nouveauté soufflait sur mon univers littéraire...

"Nan mais elle va arrêter de nous bassiner avec ses expressions à la con ?!
- On se calme, dans le fond, j'ai presque fini."

J'ai évacué ce sentiment de frustration à travers d'autres activités : le go, le dessin, etc. Et la lecture a peu à peu retrouvé une place dans ma vie.

Cependant, je ne promets pas de reprendre ce blog de manière assidue. Ça ferait une résolution ratée de plus ! Je vais juste faire de mon mieux, au feeling, parce que c'est ce qui me réussit le mieux actuellement.
J'en profite pour souligner un fait important : j'ai récemment nettoyé ce blog en supprimant les chroniques qui me faisaient un peu honte (style d'écriture, critique, etc). Donc aujourd'hui, ça fait 50% d'articles sur des livres (fictions et non-fictions confondus) et 50% de BDs (c'est important pour la suite).

BREF !

Passons au sujet de cet article, le tag Do you speak manga (aucune surprise si vous avez lu le titre...).

J'ai été taggée par une certaine hobbite que vous connaissez peut-être déjà, Minidou entre les pages. J'ai tenu un blog avec elle il y a quelques années où je pondais une chronique tous les deux mois (vous allez me dire, c'est déjà plus que ce que je fais ici !).

Je vais donc répondre à une série de questions autour de mes lectures manga, en bon "sensei du manga" que je suis (je n'en ai pas encore parlé ici mais je lis des mangas depuis le lycée à peu près et j'ai fait découvrir ce média à Minidou).
La raison de l'absence de critiques sur ces lectures (pour le moment, *clin d'œil,clin d'œil*), c'est la longueur du média : difficile de donner son opinion sur une série de 20 tomes, sans trop spoiler, surtout quand la série est en cours de publication ! Et contrairement aux BDs "classiques", un tome n'est pas indépendant, il est difficile d'en parler sans inclure le reste de la série.

BREF !
(oui oui, t'inquiète, on va y arriver)

Pour commencer, pourrais-tu citer :

– de belles découvertes parmi tes lectures de 2017

Comme Minidou, il y a eu la série Erased de Kei Sanbe, que j'ai découvert d'abord à travers l'anime. Dès les premières minutes, j'ai été happée par l'intrigue (qui ne paye pas de mine au début mais qui se complexifie au fur et à mesure) et l'ambiance général de l'histoire. J'ai lu le début du tome 1, pour me faire une idée et savoir si j'allais le mettre sur ma liste de mangas à lire (et la réponse et oui, évidemment !).

- une déception parmi tes lectures de 2017
Pas de déception particulière, surtout que je n'ai pas commencé beaucoup de nouvelles séries cette année.

- un auteur découvert en 2017 que tu comptes surveiller à l’avenir


Kenji TSURUTA, découvert grâce à un extrait de Souvenirs d'Emanon, sorti il y a peu (fin janvier 2018 si mes souvenirs sons bons ; faut que je me l'achète d'ailleurs !). J'ai vite accroché à son style qui me rappelle un peu celui de Kei Tome (j'ai d'abord cru qu'elle en était la dessinatrice d'ailleurs !).

Pour en venir à tes goûts en matière de manga, pourrais-tu citer :

– une série « doudou »


Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa, parce que c'est mon tout premier manga (et c'est lui que Minidou a commencé également).


Les enfants loups, Ame et Yuki dessiné par Yu, qui est une adaptation du film d'animation éponyme. J'aime beaucoup la bienveillance qui s'en dégage, surtout dans la relation entre la mère et ses enfants.

Orange de Ichigo Takano m'a énormément touchée lors de ma première lecture alors que j'étais en pleine remise en question. Naho, une jeune fille peu sûre d'elle, m'a beaucoup plu par sa simplicité et sincérité. Le manga traite d'un sujet sérieux, le suicide, mais tourne surtout autour des difficultés à faire son deuil et du sentiment de culpabilité de l'entourage. Au début, certains aspects me dérangeaient mais je me demande si je n'ai pas compris le message de travers. Peut-être une chronique sur le sujet un jour ? Il y avait 5 tomes au départ, un sixième est sorti et il semblerait qu'au moins un septième soit prévu... À suivre...



- un personnage que tu affectionnes particulièrement


Dans les séries citées plus haut, beaucoup de personnages m'ont touchée de plusieurs façons mais je crois que celui qui m'a le plus marquée pour le moment est Nika de Switch Girl, une jeune fille tiraillée entre sa réputation de fille populaire et son côté naturel qu'elle souhaite garder à tout prix secret. Après tout, qui aimerait une fille qui aime se balader en jogging, manger des trucs qui puent et qui portent des culottes délavées ? 

 Hollow Moon: Otomen - Um doce de garoto (não pense ...

/!\ Note : j'aime beaucoup aussi son équivalent masculin : Asuka Masamune dans Otomen d'Aya Kanno. Cette fois, c'est un jeune garçon qui aime la couture, la cuisine et tous les trucs kawaii mais qui doit endosser le rôle du mec viril et cool.


- un auteur dont tu admires le travail
J'avoue ne pas avoir d'auteurs de prédilection, c'est un peu comme la musique : je suis souvent fan d'une chanson d'un chanteur mais pas du reste de son travail.
Cependant, ça fait quelques années que je souhaite me pencher un peu plus sur le travail des CLAMP (j'ai déjà un peu lu Tsubasa Reservoir Chronicle et XxxHollic mais juste le début) car elles ont un univers tellement complexe que ça m'intrigue aussi bien par les scénarii que par l'ambiance.

– une série dont tu attends chaque sortie avec impatience


The Ancient Magus Bride de Kore Yamazaki. L'univers est ce qui me touche le plus, le bestiaire féérique me laisse entre l'émerveillement et le malaise, malgré un trait plutôt simple (je trouve). C'est surtout au niveaux des ambiances et jeux d'ombre que le plus gros du travail est fait.

– une série qui traîne dans ta PAL ("Pile à Lire" pour les néophytes) depuis trop longtemps
Le plus souvent, quand j'achète une série, je l'ai déjà lue (au moins en partie et je n'attends pas longtemps avant de la finir). 

– une série qui traîne dans ta wishlist depuis trop longtemps
Je pense aux séries de CLAMP surtout, citées plus haut, parce qu'elles sont assez longues et je préfère tout lire d'une traite. Je recherche une personne pouvant me les prêter entièrement pour une période indéterminée ;)

– un genre que tu n’avais pas l’habitude de lire mais qui t’a agréablement surpris(e).
Je cite Minidou pour sa remarque plus que judicieuse : "J'imagine que cela tient au fait que le classement des mangas ne se fait pas tant en termes de "genre littéraire" qu'en termes de "public cible", donc sous chaque classification, on peut trouver un peu de tout".
Mais dans l'ensemble, je n'affectionnais pas le shojo avant et j'ai quelques séries à mon actif aujourd'hui (Orange, Switch Girl, Otomen, Paradise Kiss, etc).

– un genre auquel tu ne parviens pas à accrocher, malgré plusieurs tentatives
Le hentai et le ecchi.

– un spin-off (sequel, prequel…) qui vaut le coup d’être lu
Joker !

– un artbook
Joker (bis) !

– une série pour laquelle tu es content(e) d’avoir insisté malgré une première impression plutôt mitigée, voire négative

Doubt de Yoshiki Tonogai. C'est surtout le style qui m'a rebutée mais je suis restée jusqu'au bout à cause de l'intrigue.

– une série dont tu as abandonné la lecture
 Naruto de Masashi Kishimoto.

Voilà, voilà. Sans doute un des articles les plus longs de ce blog :)

Pour la suite, je n'ai personne de particulier à désigner pour la suite de ce tag, pour le moment. Je prends le temps d'y réfléchir et je te tiens au courant !

dimanche 7 février 2016

Prenez le temps d'e-penser, tome 1 - Bruce Benamran

Couverture Prenez le temps d'e-penser, tome 1


Quatrième de couverture

« Vous vous interrogez sur des phénomènes simples sans retrouver dans quelle case de votre cerveau vous avez rangé ce que vous avez appris en 5ème.
Vous êtes curieux mais pas franchement scientifique, ce livre est pour vous.
Qu'est-ce que l'électricité statique ? Pourquoi un aimant aimante-t-il ? Savez-vous ce qu'est la quinte essence ? Pourquoi éteint-on les lumières dans un avion un quart d'heure avant d'atterrir de nuit ? Mendeleïev est-il le premier vrai punk de l'histoire de la Russie ? Qu'a-t-elle donc de si « générale » la relativité générale ?
Le temps est-il une illusion ? La lumière est-elle d'ondes ou de particules ?
...prenez le temps d e-penser. »


Que dire ?

Mes études ont tourné autour de la littérature, plus parce qu'il fallait faire un choix que parce que les sciences ne m'intéressaient pas. Je suis plutôt curieuse et j'aime découvrir les coulisses du fonctionnement de notre univers (j'adore ce qui touche au cerveau). Aussi, la découverte de la chaîne Youtube « E-penser » et sa démarche de vulgarisation des sciences m'a vivement intéressée car elle me rappelait d'autres chaines que je suivais déjà (Axolot, Les Revues du Monde, entre autres) ainsi qu'une vieille émission impliquant un gros camion blanc. Je suis la chaîne à présent depuis plusieurs mois, c'est avec plaisir que je me suis plongée dans ce tome 1.

J'ai eu une petite crainte concernant le contenu du livre de Bruce, non pas sur sa qualité mais sur son intérêt. Le livre serait-il une extension de la chaîne ? Y aurait-il des sujets qui ne seraient jamais abordés sur celle-ci ? Ou serait-ce une simple copie sur papier ?
Bruce, dans la vidéo de présentationde ce livre, avait précisé que ce dernier traiterait des thèmes nouveaux, qui n’apparaîtraient pas sur la chaîne. Quelques thèmes seraient en commun, sans plus. Manque de bol, quand je suis tombée sur le chapitre traitant de la chaleur, la vidéo sur ce sujet a été publiée peu de temps après. J'ai eu la vague impression que le livre offrait moins de contenus exclusifs que prévu et j'ai été un peu déçue...sentiment qui s'est vite dissipé en terminant l'ouvrage.

J'apprécie la vulgarisation scientifique, qui prend le temps d'apporter une culture qui me paraissait trop complexe ou théorique quand on me l'a enseigné en cours (plus tard, j'ai longtemps eu l'impression que les scientifiques étaient un groupe de gens isolés qui devaient se sentir supérieurs aux autres). Les mathématiques sont au cœur des sciences, certes, mais elles étaient tellement mises en avant dans mes cours que personne ne prenait le temps de nous parler des individus derrière telle ou telle découverte, ou de nous exposer les applications qu'on avait sous les yeux sans le savoir. Par exemple, je n'ai pas eu de professeur m'expliquant que le ciel était bleu à cause de la diffusion de la lumière quand on a étudié celle-ci. En somme, emmagasiner des connaissances juste pour emmagasiner des connaissances, ça ne m'intéressait pas. Si j'avais eu un professeur avec une démarche différente, je me serais peut-être lancée dans les sciences plutôt que dans la littérature.

C'est justement une démarche différente que Bruce a adopté depuis les débuts de sa chaîne et, dès les premières pages de l'ouvrage, on se retrouve en terrain connu. J'ai tout de suite eu l'impression de « lire » une de ses vidéos tant son style est oralisé. Une personne suivant sa chaîne imagine facilement les expressions, gestes et mimiques qui pourraient accompagner le texte. Les petites parenthèses se focalisant sur un détail rappellent les changements de caméra pour un aparté. Tout comme dans ses vidéos, il aime jouer avec nous pour déconstruire des idées reçues sans nous prendre pour des imbéciles. Et ça fait du bien quand on voit que la télévision s'entête à nous fournir des divertissements « moins prise de tête », avec un contenu vide de sens et d'intérêt ou des documentaires apparemment intellectuels mais qui jouent trop sur l'aspect « extraterrestre/explosion de planètes/fin du monde ».

Bruce aborde les sciences selon des thématiques et avec la logique des associations d'idées. Par exemple, on parle de la lumière - stimulus visuel - puis des sens du corps humain, puis du fait qu'on « ne touche rien » à cause de l'électromagnétisme ; ce qui ouvre le chapitre sur l'électromagnétisme qui est une des quatre interactions qui décrivent les lois de la physique, donc on aborde les trois autres, dont la gravitation ; donc on aborde le système solaire, donc...je n'irai pas plus loin, je pense que vous avez compris l'idée ^^

Le dosage humoristique est bon dans l'ensemble, sauf certains passages où cela m'a fait perdre le fil. Il y a des paragraphes entiers que j'ai dû relire plusieurs fois avant de comprendre. Pour d''autres, j'ai préféré les passer pour y revenir plus tard. Et c'est là qu'on arrive à la « limite » du livre. Je mets « limite » entre guillemets car Bruce n'est pas responsable de ce souci : certains thèmes, même sous la lumière de la vulgarisation, sont difficiles à comprendre pour une personne n'ayant pas étudié les sciences en profondeur. Heureusement, ces passages restent rares et n'ont pas gâché la lecture.


En résumé...

Coup de cœur ! Je suis arrivée assez vite à la fin du livre et j'attends le suivant avec impatience, surtout que certains thèmes annoncés par Bruce m'intéressent beaucoup.
Par contre, je serais curieuse de voir ce qu'en pense une personne ne connaissant pas le travail de Bruce et qui découvrirait le livre sans introduction. Est-il abordable ? Cela plait-il aux individus ayant une formation scientifique ?


Une citation
(là, je reprends celle que Minidou a choisi pour sa chronique car elle m'a également beaucoup plu, en partie parce que cela fait écho à Alexandre Astier quand il dit, dans son sketch sur la physique quantique, que « nous sommes les enfants du silence éternel des espaces infinis. »)

« Tout ce qui compose le lecteur que vous êtes, mais également ce livre, l'air que vous respirez,  tout ceci est composé de Carbone, d'Oxygène, de Fer, de Plomb, de Magnésium, de Calcium, d'Uranium, de Soufre, de Cobalt, etc. Tous ces éléments sont uniquement l'héritage de générations entières d'étoiles mortes. Nous sommes tous des poussières d'étoile. » (p. 124, éditions Marabout, 2015).